Pourriez-vous revenir sur le fonctionnement du capteur ?

Il s’agit d’un capteur qui est intégré sous le talon du coureur et est accompagné d’une batterie. Étant donné que celle-ci ne peut pas être rechargée, tout le challenge a été de travailler pour que la consommation du capteur soit extrêmement faible. Toutes les chaussures ont une certaine durée de vie et nous avons travaillé de telle façon que le capteur ait une durée de vie supérieure à la durée moyenne d’une chaussure. Il s’agit d’un chip propriétaire développé par Under Armour, il est pleinement encapsulé dans la chaussure et naturellement complètement waterproof. Nous l’avons testé dans des conditions réelles extrême dans des zones quasi inondées et tout s’est très bien passé.

Est-il possible de le mettre à jour ?

C’est en effet possible. Si vous ne pouvez pas bien sûr modifier la chaussure, le logiciel peut être modifié et donc mis à jour. Nous allons ajouter de nouvelles fonctionnalités au fur et à mesure. Car le capteur enregistre beaucoup de données qui ne sont pas encore présentées dans l’application. Les fonctionnalités seront ajoutées les unes après les autres. Pour l’instant, nous travaillons avant tout sur l’ergonomie car c’est important pour nous que l’utilisateur final n’ait pas juste des graphiques dans touts les sens mais quelque chose d’utile et compréhensible. Nous souhaitons proposer une véritable expérience de coaching qui vous apprenne à être plus efficace dans votre course.

Le capteur est intégré dans la semelle intermédiaire de la chaussure.

Où le capteur est-il placé ?

Dans le milieu de la semelle intermédiaire au milieu de la chaussure. Il fait à peu près la taille d’une pièce de 2 euros (il influe peu sur le poids). Il s’agit d’un double capteur de pression. Le plus important pour nous était de proposer des valeurs qui soit vérifiables et correctes. Nous avons passer beaucoup de temps dans notre laboratoire à Austin à mesurer comment l’algorithme fonctionne et si ses calculs sont justes.

Pourquoi ne pas avoir choisir deux capteurs ?

C’est une question que nous nous sommes posés pendant une longue période de temps. L’impact sur le prix était non négligeable alors que l’efficacité d’un montage en double capteur n’était pas forcément sûre et certaine. Dans un premier temps, le but était de démocratiser cette technologie ce que permettait de faire un seul capteur.

Comment est-il possible de le combiner avec d’autres outils de calcul ?

L’avantage d’une montre comme l’Apple Watch est essentiellement de pouvoir calculer votre rythme cardiaque et donc vos dépenses énergétiques. Beaucoup d’entre nous possèdent une montre GPS avec un traqueur cardiaque. Nous avons commencé à mettre en place des partenariats notamment avec Samsung et Apple. Le plus important pour nous est de démocratiser cette technologie.

Quelles sont les perspectives selon vous ?

Nous n’avons pas forcément l’envie de devenir une société de wearables, mais plutôt de montrer le potentiel de cette technologie et comment la plateforme peut vous aider à atteindre une meilleure expérience de course.

La capteur se connecte très facilement à l’application MapMyRun.

Quels sont les types de conseils donnés par l’analyse des données recueillies par le capteur ?

Le point le plus important est la longueur de votre foulée. Si vous regardez la vitesse et le nombre de pas par rapport à votre morphologie, ils sont dans une grande majorité des cas trop bas, la foulée sera trop longue. Donc le conseil le plus important est de garder le même rythme mais de baisser votre foulée et d’augmenter le nombre de pas.

Comment connaître l’état d’usage de la chaussure ?

Nous traçons l’intégralité des pas effectués par la chaussure, pas seulement en course. Et nous pensons en dehors des données sur vos courses, qu’obtenir tout un tas de données comme l’utilisation moyenne, le calendrier de vos entraînement est vraiment quelque chose de fascinant et d’intéressant. Et nous travaillons actuellement sur les paramètres qui nous permettront de dire que la chaussure est usée. Nous essayons de mettre aussi en avant des choses plus granulaires comme par exemple quelles sont vos moyennes quotidiennes et journalières. Nous avons choisi donc dans un premier temps de rester simple et débloquer au fur et à mesure les nouvelles options en fonction de votre usage de la chaussure et de votre morphologie.

Serez-vous capable de proposer la chaussure idéale en fonction des données enregistrées ?

Oui, bien sûr mais dans un futur proche. Ce qui compte est de comprendre comment les données que nous collectons seront utilisées pour proposer ce type de solution. Nous travaillons aussi sur des fonctions de coaching qui ne seraient pas forcément en concurrence avec l’utilisation d’un coach personnel mais au contraire proposeraient une analyse complémentaire.

L’application MapMyRun offre des conseils personnalisés pour améliorer sa foulée.

Comment sont utilisées les options de challenges MyMap ?

Elles fonctionnent plutôt bien. Les coureurs aiment être récompensés pour leurs efforts. Il y a aussi cet amour de la compétition qui fait que vous aimez être en tête. Tous les coureurs veulent être en meilleure santé et rester motivés. Ces deux fonctions principales sont présentes dans l’application avec des options de concours entre amis, des challenges en groupes, ou des challenges personnels.

Comment utilisez-vous les données récoltées ?

Nous travaillons sur les algorithmes pour que ces données soient mieux utilisées. Par exemple, vous savez qu’il y a une forte corrélation entre la longueur des shorts et le niveau des coureurs. Ce type d’information pourrait nous permettre de proposer rapidement la bonne longueur de short ou le bon produit quand la personne vient se connecter sur notre site.