« En pratique, la course à pied induit un certain nombre de modifications physiologiques, en fonction de l’âge, du niveau de pratique et du type de sport. Évaluer et mesurer directement ces modifications donnent une indication assez fiable du niveau de forme et des capacités », explique le docteur Stéphane Doutreleau, cardiologue, médecin du sport et traileur émérite. Encore faut-il savoir choisir le moment dans sa saison pour réaliser le test, « car les résultats ne sont valables qu’à un instant T ». Évidemment, on peut toujours refaire une épreuve à d’autres moments de l’année pour évaluer sa progression. Dans tous les cas, les résultats obtenus sont autant de paramètres fondamentaux pour l’entraînement. La fréquence cardiaque maximale (FCM), la VO2 max, la vitesse maximale aérobie (VMA) et les vitesses de course dans différentes zones d’entraînement (seuils, VMA) permettent de planifier des séances personnalisées et donc beaucoup plus bénéfiques pour le coureur.

ÉLECTRODES ET MASQUE À OXYGÈNE

La phase de préparation est toujours un peu déroutante : « C’est vrai qu’il y a beaucoup d’électrodes, mais cela nous permet de suivre et d’évaluer la réponse cardiaque à l’effort, en temps réel », corrige notre médecin qui voit défiler dans son laboratoire d’exploration une majorité de sportifs. Le test se déroule en présence d’un cardiologue et d’une assistante. Avant de monter sur le tapis, on enregistre la taille et le poids mais aussi la lactatémie du coureur, le taux de lactate dans le sang. « On applique une crème chauffante sur le lobe de l’oreille pour faire affluer le sang et on en prélève une goutte. On peut ainsi mesurer précisément le taux de lactate avant, pendant et après l’effort. » Pour finir, on passe le masque étanche, « un passage obligé qui permet entre autres de mesurer la VO2 max du coureur, en calculant le débit d’oxygène par minute et par kilo ».

LE TAPIS

Après un quart d’heure de préparation le test démarre. « Il vaut toujours mieux passer un test d’effort dans son sport de prédilection, un tapis de course pour les coureurs ou un ergocycle (vélo) pour les cyclistes, le résultat sera plus fiable. L’environnement doit également être dédié, car si l’on cherche à obtenir des données utiles pour l’entraînement, il faut passer un test à visée sportive et pas seulement pour la recherche d’une éventuelle pathologie cardiaque. » Le test débute doucement, à 10 km/h, « Petit à petit, toutes les 1 minute 30 secondes, on augmente la vitesse de 1 km/h, l’objectif étant évidemment d’aller le plus loin possible. » Au début l’allure est assez facile à tenir, mais la difficulté se cache dans l’accumulation, car à chaque nouvelle vitesse on doit augmenter l’allure en supportant la fatigue déjà accumulée. « Le médecin suit le coureur en permanence, en lui donnant les informations sur l’épreuve et en contrôlant la progression. Mais à partir d’un certain moment, l’effort devient nécessairement plus intense. C’est aussi l’objectif visé. »

LE BOUT DU ROULEAU

Lorsque vous n’arrivez pas à franchir un palier (c’est à dire tenir 1 minutes trente à la même vitesse), le médecin réduit la vitesse du tapis. La fin est toujours délicate et, à cause de la fatigue, il est assez difficile de suivre le tapis, même si la vitesse diminue. Descente de l’engin, puis, dernière étape, le prélèvement d’une dernière goutte de sang à l’oreille, « pour mesurer l’augmentation de la lactatémie dans le sang durant l’effort ». Ce test vous permettra donc de connaître votre niveau réel. Il ne vous restera plus qu’à programmer votre cardiofréquencemètre pour vos séances à venir.

COMMENT FAIRE POUR PASSER UN TEST D’EFFORT ?

Le test est remboursé par la Sécurité sociale s’il est prescrit comme examen pour une recherche de pathologie. Pour un test uniquement à visée sportive, il coûte environ 125 euros, selon les laboratoires, et n’est pas remboursé. Mais autour de 40 ans, il est recommandé à tous les sportifs. Il faut absolument passer l’épreuve sur un tapis roulant et non sur un vélo ou un rameur. Prévoyez aussi votre équipement de course (vêtements d’été), et une bonne douche à la fin. Vous allez beaucoup transpirer.

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