Si on doit définir un coureur par une partie de son corps, il s’agira bien certainement de ses pieds. C’est souvent par là qu’apparaissent les premières défaillances en courses, les premières blessures à l’entrainement et les vraies galères qui peuvent vous garder loin des chaussures de running pendant plusieurs semaines. Pour vous apprendre à prendre soin de vos pieds, nous avons posé 9 questions essentielles à un spécialiste afin qu’il nous explique ce que doit absolument savoir un coureur en matière de podologie.

Notre Spécialiste : Mickaël Bregmestre

Diplomé de l’Institut national de podologie à Paris et doté du certificat européen de podologie médicale et sportive, Mickaël Bregmestre pratique son activité au sein d’un cabinet situé dans le 14e arrondissement de Paris. Depuis toujours passionné de sport, il a pratiqué différentes disciplines sportives telles que l’athlétisme, le basketball ou encore le football. Cela lui permet d’appréhender les différentes pathologies et les problèmes liés à chaque sport.

La course à pied est-elle traumatisante pour les pieds ?

Oui. Un contact talon / sol pendant une randonnée de 6 km/h aura la même intensité qu’un séisme de 4 sur l’échelle de Richter ! De plus, lors d’une course de 1500 mètres, le coureur va frapper son talon entre 1150 et 1180 fois selon la longueur de sa foulée. Même si le temps d’impact est très bref (environ 0,2 seconde), cela ne diminue pas l’intensité.

Quelles sont les pathologies les plus courantes dues à l’impact ?

Les problèmes articulaires et toutes les pathologies associées, risques d’entorse, tendinites…

Faut-il avoir différentes paires de chaussures selon le terrain ?

D’après la troisième loi de Newton, pour chaque action il y aura une réaction identique mais de direction opposée. Donc le coureur qui va exercer une force d’impaction se verra renvoyer une force de réaction identique. Il est ainsi indispensable d’avoir la paire de chaussure adaptée au sol que l’on pratique. Celle-ci devra être amortissante sur terrain dur mais ne surtout pas l’être sur terrain mou.

Quand faut-il changer ses chaussures ? 

En moyenne on parle de 800 km ou d’un an. Au delà, la chaussure perd ses propriétés initiales et le risque de blessure peut augmenter. Si on pratique au moins trois fois par semaine, la durée de vie sera de 6 à 8 mois. Plus le modèle est léger et plus cette durée de vie sera diminuée.

La façon dont on court joue-t-elle un rôle ?

Oui ! Il est essentiel de connaître la nature de sa foulée (pronatrice/universelle/ supinatrice). Cependant, il est préférable de prendre des chaussures universelles, car bien souvent chaque pied peut avoir une correction différente. Ceci est dû à la complexité de l’équilibre du corps humain. Par ailleurs, un examen clinique complet chez un podologue est bien plus utile qu’une petite inspection des points d’usure de vos chaussures. D’autant que si les points d’usure sont trop importants, l’amplitude du geste technique, pendant la course, sera augmentée, ce qui peut aboutir à des pathologies tendineuses.

Faut-il prendre sa pointure habituelle ?

Mieux vaut prendre une pointure plus grande car le pied va gonfler pendant l’effort.

Que faire si on a des ampoules ?

Si l’ampoule est fermée :

  • A l’aide d’une seringue, aspirer le liquide sans déchirer l’ampoule.
  • A l’aide d’une autre seringue, injecter une solution d’éosine à 2%, qui est une solution asséchante.
  • Réaspirer le liquide.
  • Mettre un pansement type Compeed pendant trois ou quatre jours pour protéger.

Si l’ampoule est ouverte : 

  • Couper avec des ciseaux stériles la peau décollée.
  • Tamponner la plaie avec une gaze imprégnée d’éosine.
  • Appliquer un pansement type Compeed pour protéger.

Comment composer avec un hallux valgus ?

L’hallux valgus, plus communément appelé « oignon », est une déviation de la base du gros orteil vers l’extérieur, créant ainsi une déformation de l’avant-pied. Si l’hallux valgus n’est pas douloureux, il faut agir dans un premier temps pour limiter l’aggravation de son angulation, et notamment :

  • Eviter les chaussures trop étroites à l’avant et à talon trop haut pour les femmes.
  • Faire confectionner des écarteurs d’orteils sur mesure pour stopper l’avancement.
  • Effectuer des mobilisations du gros orteil pour limiter les rétractations ligamentaires.
  • Si l’hallux valgus est douloureux, il faut consulter un podologue qui pourra orienter vers le port de semelles orthopédiques pour décharger l’appui douloureux pendant l’effort. Dans les cas extrêmes, on peut consulter un chirurgien orthopédique spécialisé dans le pied.

Quels critères prendre en compte pour choisir ses chaussures ?

Le choix doit se faire en fonction de plusieurs critères :

  • Le poids du coureur
  • La fréquence d’entrainement
  • Le type de course

Par exemple, pour une pratique intense et/ou un poids inférieur ou égal à 80 kg, on prendra des chaussures de 300g chez l’homme ou de 250g chez la femme. Pour une pratique d’intensité moyenne et/ou un poids supérieur à 81 kg, on choisira des chaussures de 350g chez l’homme ou de 280g chez la femme. Pour les compétitions, il faut privilégier les chaussures de 200 à 250 g.

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