L’INTOLÉRANCE AUX GLUCIDES

Comme dit plus tôt, d’après certains chercheurs, tout le monde n’est pas égal face aux glucides, car certains ne les métabolisent pas avec la même efficacité. « Chaque individu est unique, n’est-ce pas ? plaisante Tim Noakes. Alors les besoins alimentaires de l’un ne sont pas ceux de l’autre ». Ainsi, alors que certains s’accommodent très bien de leur très grande quantité de glucides, d’autres auraient vraiment tout intérêt à réduire les doses. « Si certains coureurs de très haut niveau carburent aux glucides et sont ultra performants, je ne pense pas qu’il soit forcément judicieux de leur faire changer leur plan nutritionnel. Mais tous les coureurs ne sont pas dans ce cas de figure ! »

pasta

Ok. Mais comment savoir alors de quel côté on doit se placer et si notre organisme peut tolérer les plâtrées de pâtes 6 jours/7 ? « Si en tant que coureur, vous restez enrobé voire en surpoids, c’est que votre alimentation ne convient pas ! Les glucides vous font grossir, tout simplement, explique Tim Noakes. » Même son de cloche chez Laurent Bannock. « Il est assez simple de savoir si l’on est intolérant aux glucides. Vous vous entraînez beaucoup et vous mangez beaucoup de glucides ? Si vous avez du gras apparent (au niveau de la taille par exemple), c’est que l’excès de glucides ne vous convient pas. Les glucides sont stockés au lieu d’être utilisés comme carburant. »

Autre façon de vous situer : changez de régime alimentaire, tout simplement. Diminuez les portions de glucides et constatez la différence. Etes-vous plus performant, plus affuté, en meilleure forme ? « Attention, prévient quand même Laurent Bannock, les effets ne sont pas immédiats ! Vous pouvez au contraire vous sentir un peu plus fatigué au début, quand vous diminuez les glucides, mais il faut tenir plusieurs semaines pour tirer les bénéfices de la nouvelle diète. »

MOINS DE SUCRE ET PLUS DE GRAS

Revoir la quantité de glucides avalés, c’est bien, mais encore faut-il aussi prendre conscience que tous les glucides ne se valent pas. Les glucides complexes par exemple, sont une bien meilleure option que les glucides simples (le sucre mais pas seulement). Les aliments qui ont un index glycémique élevé font ainsi grimper en flèche les taux d’insuline dans le sang, ce qui impacte directement la façon dont vous allez courir.

Broccoli isolated

Pour une énergie au top, Laurent Bannock suggère de ne pas se tourner uniquement vers les pâtes, le riz et les pommes de terre. « Les fruits et les légumes non farineux comme les brocolis, les carottes, les épinards ou les poivrons suffisent à couvrir les besoins en glucides des coureurs, ajoute-t-il. » Attention juste à ne pas consommer trop de fruits si vous êtes intolérants.

Malheureusement aujourd’hui, les glucides simples (on parle aussi de sucres rapides) ont largement envahi les assiettes, y compris celle des coureurs. Car le régime riche en glucides/pauvre en graisse et aussi celui qui est largement suivi par l’ensemble des populations occidentales… avec les taux d’obésité grimpants que l’on connait. Coureur ou pas, voilà qui donne à réfléchir. Surtout que l’industrie agro-alimentaire, qui ne manque jamais une occasion de s’engouffrer sur un secteur porteur, a tôt fait de lancer ses gammes de produits « pauvres en graisses »… graisses très souvent remplacées par du sucre !

Or on le sait aujourd’hui, les graisses, si longtemps clouées au pilori, sont aussi indispensables à l’équilibre alimentaire, notamment celui des sportifs. Les « bonnes » graisses (insaturées, celles que l’on trouve dans les végétaux), qui permettent de préserver les cellules en bonne santé, sont à privilégier bien sûr ; mais même les « mauvaises graisses » (saturées, les graisses animales essentiellement) ne sont plus à complètement écarter d’après les experts.

Des études convergentes parues dans le American Journal of Nutrition et le journal Nutrition remettent en cause les liens entre les graisses saturées et les risques de développer une pathologie cardiaque. « En fait, la graisse contenue dans la viande par exemple est aussi bonne pour la santé que les oméga-3 contenus dans le poisson ! » conclut Tim Noakes. Pour faire simple, Anita Bean recommande aux coureurs d’endurance de consacrer 35% à 40% de leurs apports caloriques totaux aux graisses (non industrielles) : viande, lait, œuf, poisson, avocats, fruits à coque, oléagineux, beurre, huile. Sans dépasser les besoins nutritionnels, cela va de soi.