Autant dire qu’ils permettent à toutes celles et ceux qui ne veulent plus consommer de viande, de conserver l’illusion d’une alimentation conventionnelle. « J’ai arrêté la viande il y a 6 mois, clame Isabelle, une coureuse de 36 ans. Pas du tout pour des raisons de santé ou autre ! Mais l’idée des animaux qu’on emmène à l’abattoir m’est devenue insupportable après avoir vu un reportage à la télé. Je ne m’en suis pas rendu compte de suite, mais, le lendemain, je n’ai pas pu avaler mon steak à la cantine. Un truc me bloquait. Il faut dire, que je ne mangeais déjà pas beaucoup de viande et que je n’aime pas les viandes grasses comme l’agneau ou le porc. Mais le bœuf, si. J’avoue que les menus au départ ont été un vrai casse-tête. Je me suis rabattue sur le poisson et les œufs, mais j’en ai vite fait le tour. Puis j’ai essayé les steaks de soja. Une révélation ! Ça n’a pas le goût de la viande certes, mais cela satisfait complètement mes envies… et mes besoins. »

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Les steaks de soja, puisque, vous l’aurez compris, c’est de cela qu’il s’agit, connaissent une jolie progression en termes de ventes. Pas un supermarché qui ne propose aujourd’hui des alternatives à la viande sous cette forme. Outre-Atlantique, où ils ont toujours quelques années d’avance sur nous, l’offre est même pléthorique. Du steak haché à la bolognaise, en passant par les saucisses ou même la charcuterie, vous pouvez trouver à peu près tous les produits carnés connus… sans viande. Des produits qui ne sont pas toujours intéressants d’un point de vue nutritionnel, d’ailleurs. Souvent très gras ou très salés, ces substituts relèvent plus des créations marketing que des produits diététiquement corrects.

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Trompe-l’œil

Et le steak de soja ? Est-il une bonne alternative sur le plan nutritionnel ? La première chose à rappeler c’est que, même si un steak de soja peut donner l’illusion de manger un steak de bœuf, ce sont deux produits radicalement différents sur le plan de la composition et de leurs apports nutritionnels. Le principal intérêt de la viande est son apport en protéines. Des protéines indispensables pour préserver la masse musculaire. C’est ce qui en fait un aliment de choix pour tous les sportifs. Mais la viande a d’autres atouts. Très riche en fer, bien pourvue en zinc et en vitamine B12, elle participe à l’équilibre nutritionnel global. En revanche, elle peut être riche en graisses et favoriser le cholestérol. Les viandes les plus grasses, comme l’agneau ou le porc (dans l’échine par exemple), affichent plus de 15 g de lipides aux 100 g. De quoi rapidement faire pencher la balance du mauvais côté. D’ailleurs, nombreux sont ceux, parmi les 2 % de Français « dits » végétariens (la grande majorité étant des personnes ne consommant pas de viande), qui privilégient une alimentation santé : plus de produits issus de la culture biologique, plus de produits frais, moins de graisses, moins de produits transformés et, évidemment, moins, voire pas d’ajouts chimiques aux noms barbares comme les conservateurs, édulcorants, colorants ou autres émulsifiants.

Le soja : une vraie mine d’or

Le steak de soja correspond donc complètement à leurs attentes. Car, le soja, qui tient une place importante dans l’alimentation en Extrême-Orient, est un aliment qui présente également bien des atouts. Riche en protéines, en fibres, en minéraux et en vitamines, il est pauvre en calories (49 pour 100 g). Seul hic, le soja peut souvent provenir de cultures génétiquement modifiées, dont on ne connaît pas exactement implications sur la santé à l’heure actuelle. Si vous le pouvez, privilégiez des produits certifiés « sans OGM ». Pour tirer le meilleur profit de votre steak de soja, vérifiez l’étiquette et les teneurs en protéines, en lipides et en glucides. Certains ajouts, notamment si le steak est « cuisiné » ou préparé, peuvent faire vite grimper les apports en graisses et en sel. Et n’oubliez pas que les protéines végétales sont moins bien pourvues en oméga-3, vitamine B12 et fer et qu’elles ne sont pas aussi bien assimilées par l’organisme que les protéines animales. Dans un régime sans – vraie – viande, elles doivent donc s’inscrire à tous les repas.