Outre le type de blessures susceptibles de toucher tous les coureurs (périostite, ongle noir, tendinite), certains soucis de santé sont beaucoup plus fréquents chez les femmes, voire même exclusivement féminins.

PROBLÈMES MENSTRUELS

Bien que certaines femmes déplorent un sentiment de gêne en période de règles, celles-ci n’ont en général qu’une influence limitée sur les performances. Les femmes ont su être compétitives, établir des records et remporter des titres à tout moment de leur cycle menstruel. Les études n’ont révélé aucun changement du rythme cardiaque, de la puissance ou de l’endurance pendant cette période. L’exercice peut aider à développer votre sentiment de bien-être, c’est pourquoi certains médecins le recommandent à celles pour qui les règles engendrent un sentiment d’inconfort.

Cependant, les athlètes qui courent à un rythme soutenu peuvent souffrir d’aménorrhée athlétique, c’est-à-dire de menstruations irrégulières voire inexistantes. Le stress des séances, la pression des performances, une faible masse graisseuse ou encore une mauvaise alimentation en sont les facteurs potentiels.

L’une des conséquences les plus graves de l’aménorrhée est l’ostéoporose qui intervient lorsque le taux d’hormones femelles (qui protègent le calcium des os) est trop faible. Un début précoce d’ostéoporose peut engendrer un risque de fractures de stress ou de blessures graves. De plus, une diminution de la densité osseuse étant difficilement réversible, cela risque d’être permanent.

Un autre souci est l’absence d’ovulation. Il est en effet possible pour les femmes d’avoir leurs règles sans pour autant avoir ovulé. La présence de règles ne garantit pas un cycle menstruel sain. L’absence d’ovulation peut traduire un taux insuffisant de progestérone, ce qui peut provoquer une stimulation excessive de la paroi utérine et vous exposer davantage à un cancer de l’endomètre.

La température corporelle d’une femme est généralement plus faible au début de son cycle menstruel et plus élevée les 2 dernières semaines. La hausse de température survient pendant l’ovulation. Pour la traquer, prenez votre température dès le réveil. Si votre état montre le moindre signe d’irrégularité, il vaut mieux consulter votre médecin.

LA PILULE

Les chercheurs peinent à s’accorder quant à l’impact de la pilule sur les performances sportives. Bien que la plupart des études aient démontré l’absence totale de lien entre ces 2 facteurs, certaines indiquent que la pilule réduit légèrement la capacité d’aérobie. D’un autre côté, certaines athlètes considèrent que la pilule facilite les performances en réduisant les symptômes menstruels. Ces femmes préfèrent avoir recours à la pilule pour contrôler leur cycle et éviter de courir en période de règles. Contrôler le timing menstruel est sans danger, mais les spécialistes restent unanimes : cette pratique doit être réservée aux grands événements et n’être exercée que quelques fois par an.

Si vous courez pour le plaisir, vous n’avez probablement pas à vous soucier de l’impact de la pilule sur le sport. Mais si vous courez en compétition et ne souhaitez pas sacrifier votre capacité d’aérobie, il vaut mieux considérer un autre moyen de contraception.

L’OSTÉOPOROSE

L’exercice peut aider à bâtir et à entretenir la densité osseuse chez les femmes, mais il ne sera probablement pas bénéfique à celles qui ont des cycles menstruels irréguliers. De nombreuses études ont révélé que les femmes souffrant de cycles perturbés sont plus exposées aux fractures de stress que celles ayant un cycle normal. Elles affichent une faible densité minérale osseuse caractéristique. Même si le lien entre les irrégularités hormonales et la perte précoce de densité osseuse est avéré chez les athlètes féminines, la relation de cause à effet n’est pas clairement définie. En l’occurrence, certains chercheurs estiment que les femmes les plus sportives seront plus enclines à subir le stress dans tous les domaines de leur vie, ce qui pourrait affecter les taux hormonaux sans même pratiquer d’exercice à un haut-niveau.

Les spécialistes s’accordent à dire que les femmes doivent tout faire pour se protéger de l’ostéoporose précoce. C’est d’autant plus important qu’après 35 ans, elles ne peuvent plus développer leur masse osseuse, mais simplement maintenir les réserves. Il vous faut donc employer toutes les précautions nécessaires pour éviter la perte de densité osseuse. Cela implique une alimentation équilibrée : en plus des nombreux nutriments essentiels (en particulier le calcium), il faut donc vous assurer de consommer la bonne quantité de lipides et de calories dans votre régime pour maintenir votre niveau d’exercice. Contrôlez votre cycle menstruel, et si vous remarquez des irrégularités, pensez à consulter votre médecin.

L’INCONTINENCE

À cause de leur anatomie, les femmes sont plus exposées à l’incontinence de stress. On estime qu’1 femme sur 2 subit des fuites urinaires plus ou moins intenses, un désagrément tout aussi gênant que déconcertant. La course ne cause pas l’incontinence, mais l’activité physique peut provoquer des fuites chez les femmes qui y sont sujettes. De nombreuses femmes pensent que le renforcement périnéal (avec les exercices de Kegel) aide à pallier ces fuites. Pour cela, contractez les muscles du bassin comme si vous vouliez arrêter votre urine. Maintenez quelques secondes puis relâchez. Vous pouvez également acquérir divers appareils avec ou sans ordonnance qui vous aideront à contrôler les fuites. Discutez avec votre généraliste de la solution qui vous conviendrait le mieux.

L’ACNÉ

Les athlètes féminines peuvent être assaillies de boutons sur le visage, le haut du front et du dos, le torse, le haut des bras et les fesses. Malheureusement pour ces athlètes, la transpiration alliée aux follicules pileux et au frottement des vêtements sur la peau favorise l’acné. 

La hausse des températures et l’humidité exacerbent le problème, tout comme les produits tels que la crème solaire ou le maquillage qui ruissellent sur le visage et bouchent les pores. Pour vous débarrasser de l’acné, essayez ceci :
– Minimisez la quantité de maquillage et de produits capillaires avant de courir. Lavez-vous le visage avant l’effort, et avant d’appliquer votre maquillage.
– Appliquez sur le visage et le cou une crème solaire spécifique pour le visage. Dans la mesure du possible, optez pour un gel ou une lotion pour le reste du corps.
– Gardez toujours des lingettes pour le visage à portée de main et nettoyez les zones à tendance acnéique à la fin de votre séance.
– Dès que vous êtes rentrée, enlevez immédiatement vos vêtements tâchés de sueur et prenez une douche aussi tôt que possible.
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Si votre peau a une tendance acnéique, il vaut mieux consulter un dermatologue agréé.