ITRA (et UTMB), une éclaircie à travers les nuages?

L’ITRA (International Trail Running Association) est une association internationale toute récente qui a pour vocation de fédérer et de promouvoir toutes les actions internationales du trail. Le soucis? Certains réticents accusent l’ITRA de manquer d’indépendance et de nouer des liens bien trop proche avec certaines courses et notamment avec l’UTMB. Runner’s World France a participé à une table ronde qui avait pour but d’éclaircir la situation. Qu’en est-il réellement?

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Le débat ITRA – UTMB

A l’origine, l’idée de fédérer l’ensemble des actions nationales et internationales du trail semble essentielle pour le développement de la discipline. Cela fait des années que l’ensemble des acteurs s’interrogent sur la légitimité de telle ou telle fédération pour prendre la responsabilité du trail running. Certains événements malheureux entre 2006 et 2010 ont accéléré les choses et d’un point de vue national, la Fédération Française d’Athlétisme s’est saisie du dossier. Cependant, d’un point de vue international tout restait flou. Ainsi est né, il y a 9 mois, l’ITRA. Cette association internationale, née dans la vallée de Chamonix et désormais localisée en Suisse, souhaite prendre en charge le développement du trail running sur le plan international. Mais un problème se pose. On retrouve à la tête de l’ITRA, de l’UTMB (Ultra Trail du Mont Blanc) et de l’UTWT (Ultra Trail World Tour) les mêmes personnes, ou du moins des personnes très proches. Certains acteurs du trail pensent aujourd’hui que l’ITRA a vu le jour pour permettre à ses personnes de se remplir les poches et pour mettre en avant l’UTMB. Les responsables de l’ITRA ont décidé de répondre aujourd’hui à toutes les critiques.

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L’ITRA ce n’est pas l’UTMB

Cela a pris du temps avant que le sujet n’arrive sur la table mais la famille Poletti – dont le mari Michel préside l’ITRA et dont la femme Catherine dirige l’UTMB- souhaitait se défendre de mettre tous leurs oeufs dans le même panier. Il faut savoir que Michel Poletti a été désigné, contre sa volonté initial, président de l’ITRA, car il semblait, dans le groupe de fondateurs, être le plus compétent pour ce poste. D’autres personnes, d’origines différentes, et n’ayant aucun lien avec l’UTMB siège au bureau de l’ITRA et veillent eux aussi au bon fonctionnement de l’association. Michel Poletti a voulu éclaircir certains points : « Nous sommes une association à but non lucratif, si nous réalisons des actions payantes, cela n’ira pas dans les poches des Poletti. Cela ira dans les caisses de l’ITRA, pour l’ITRA. De plus, il s’agit d’une association, n’importe qui peut se présenter au bureau pour peu qu’il soit membre de l’association et donc, prendre ma place« . Les autres membres de l’ITRA (portugais, italiens, espagnols, etc…) soulignent également que la confusion ITRA – UTMB n’est qu’une question franco-française et que ce point n’est souligné nulle-part ailleurs. L’ITRA, comme l’UTMB reconnaissent que leur communication n’a pas été optimum, loin de là, et que les questions et craintes sont légitimes. Ils souhaitent améliorer tout cela pour l’avenir et de travailler avec l’ensemble de la communauté trail running.

Les missions de l’ITRA

Le premier point abordé a été cette question de points qualificatifs et de la certification des courses. Pour rappel, pour s’inscrire à l’UTMB il est nécessaire de posséder 8 points à récolter sur un ensemble de courses du circuit trail running. Pour certifier les distances et les dénivelés, l’ITRA a décidé de faire certifier les courses moyennant 100 euros pour les non-affiliés. Il n’en fallait pas plus pour faire le lien ITRA – UTMB et accuser encore une fois les Poletti de vouloir s’en mettre plein les poches. Là-dessus, quelques explications ont été apportées. En effet, désormais, on ne parlera plus de points UTMB mais de points ITRA qui permettront à n’importe quelle course qui le souhaite d’effectuer une sélection par points en amont des inscriptions. Ainsi l’UTMB s’appuiera, comme d’autres courses, sur le travail de l’ITRA et non l’inverse.

Ensuite a été abordée la question des élites et sur la volonté de créer ou non un championnat du monde de trail, et d’une possible évolution dans le monde olympique. Cette question délicate a divisé les avis et ne semble pas être prioritaire. Catherine Poletti a réagi sur le sujet « En ce qui concerne l’UTMB, nous ne souhaitons pas être un jour le support d’un tel championnat, tout simplement car nous souhaitons voir des coureurs courir notre course, et non des nations. » Un travail encore long doit être mené sur le sujet et cela se fera surement sur plusieurs années.

Enfin, a été évoqué le point de la santé, de la sécurité et du dopage. Si l’ITRA existe aujourd’hui c’est également pour tenter de mettre en place un règlement international officiel avec des contrôles anti-dopage fréquents et ainsi veiller à la bonne (et propre) évolution du trail-running.

En conclusion, beaucoup de choses ont été dites lors de cette table ronde. Le sentiment général qui s’en dégage est qu’effectivement l’ITRA, l’UTMB et l’UTWT sont extrêmement liés. Cependant, une volonté claire d’identifier le rôle de chacun semble exister. L’ITRA est une entité neuve qui essaie de faire ses preuves. L’ensemble des acteurs souhaitent voir le trail running évoluer de manière propre et saine. Il faudra encore du temps avant que les choses ne deviennent claires pour tout le monde, mais le travail effectué aujourd’hui semble, finalement, aller dans le bon sens. Laissons à l’ITRA le bénéfice du doute et nous pourrons tirer le bilan des actions menées le moment venu.