Guillaume Arthus a décidé de faire le tour de l’Europe en courant. Parti le 22 mai dernier il devrait boucler son périple le 28 juin prochain. Il nous a donné des nouvelles pas très réjouissantes cette semaine.

On est enfin partis ! Apres 7 mois de préparation, il est enfin temps de partir à la découverte de l’Europe : direction l’Irlande. Quelques heures de voitures et une traversée en ferry vers Cork, on passe enfin à l’heure du trèfle, mais surtout au premier run : Killarney. Pour l’occasion, Jack a fait 3 heures de route pour venir courir avec moi. Un super cadeau puisque l’on se rencontre pour de vrai pour la première fois. Le temps d’un semi-marathon, on prend de la hauteur sur le parc et ses lacs. Une superbe descente technique avec un vent de face parachève la journée.

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Le lendemain, ce sont les falaises des Moher au petit déjeuner. Un petit sentier longe le vide et offre des vues plongeantes sur la mer ainsi que sur les parois rocheuses vertigineuses.

Pour le plat de résistance, on attaque du sérieux avec les « Twelve Bends » dans le Connemara. Une vue imprenable entre terre, mer, montagnes, lacs et rivières. La vue se mérite cependant : si le chemin existe en théorie sur la carte, ça reste de la théorie. Les montées sont raides alternant blocks et pentes herbeuses vraiment glissantes. Au sommet, il y a un vent a décorné les bœufs, je m’en sors plutôt bien avec ma casquette.

Pour le dernier jour sur l’ile, je passe en Irlande du Nord pour admirer la chaussée des Géants. Ces belles falaises ont un chemin sinueux qui permet de les découvrir par le dessus comme par le dessous, histoire de voir de près les fameux losanges de pierre si caractéristique du lieu.

C’est au tour de l’Ecosse de faire son entrée dans le voyage avec l’incroyable Isle de Skye. Une ile sauvage, un concentrée des High Lands, Skye est un endroit magique ou les roches sont d’un noir intense. Je me retrouve dans les collines de Cullians pour deux runs, l’un en solitaire sous une mini tempête, l’autre avec la compagnie de deux coureurs locales et de leur chien. Un super moment de partage, surtout en arrivant au niveau d’un lac ouvrant le temps d’une éclairci sur la baie.

De retour sur le continent et après un passage au Pays-Bas dans une forêt sablonneuse, les ennuis commence. Il reste deux heures pour atteindre Berlin lorsque la voiture s’arrête. Ca ressemble à une panne d’essence… sauf qu’il reste de l’essence. Bande d’arrêt d’urgence, dépanneuse puis station-service… La voiture repart mais quelque chose cloche. La voiture s’arrêtera définitivement 500m plus loin, à proximité d’un garage. Le lendemain, la sentence est irrévocable, l’injection est foutue ! Au minimum il y a en a pour deux fois le prix de la voiture en réparations. Le voyage comme mon moral en prennent un grand coup. Par chance, on trouve une voiture de location à proximité, mais le prix à payer est de taille : on ne peut plus aller dans les pays de l’Est ni en Grèce : 7 mois de préparation à la poubelle, tout est à refaire. On arrive à Berlin avec une grosse journée de retard. On reste sur place pour tenter de tout planifier pour sauver le voyage en se concentrant sur l’Europe de l’Ouest.

Apres la galère de voiture et une bonne douche froide, la version alternative du voyage s’annonce tout aussi palpitante : on récupère à l’identique les 15 derniers jours et on passe les 15 prochains dans les Alpes entre Allemagne, Suisse, Italie et Autriche.

Près de la frontière tchèque côté allemand, le parc Saxon-Switzerland offre des montées d’escaliers à faire pâlir la tour Eiffel pour accéder à des blocs des tours de granites découpant la foret et ouvrant de magnifiques paysages sur la vallée. Sautant de blocs en blocs tout en évitant le vide, je me retrouve au beau milieu d’un amphithéâtre de blocs : les marches en valent la peine.

Apres une traversée de l’Allemagne du Nord-Est au Sud-Ouest, je me retrouve en pleine Forêt Noire, histoire de faire un peu de dénivelée, mais surtout l’occasion de se perdre un peu dans les centaines de chemins. En parlant de perte, ma carte mémoire me lâche, détruisant au passage toutes les photos et vidéos… Décidément, ça ne veut pas sourire. Enfin ça, c’était avant la Suisse, et surtout avec Eiger.

Apres un réveil à 5h du matin, je pars réveillé la montagne. Un renard et un lever de soleil magnifique plus tard, je me retrouve dans une montée alpine typique : raide et sinueuse. Le jour se lève à peine et la lumière est tout simplement splendide en arrivant près de deux lacs d’altitude, sans compte un panorama a 360° faces aux glaciers, l’Eiger et les pentes enneigées surplombant le ruisseau.

Je profite de la descente pour jouer avec les marmottes et les chamois sortant de leur torpeurs : se lever tôt, ça a du bon !

En Italie, je passe dans la vallée d’Aoste pour aller faire un tour dans le Grand Paradis. La zone de neige est basse mais suffisamment haute pour une superbe sortie avec plus de 2000m de dénivelé, des cascades, des vues magnifiques dans plus de 4 vallées sans compter le plaisir de partager la montagne qu’avec la montagne elle-même. Personne à l’horizon pendant 6 heures : un privilège.

Décidément, il y a vraiment du bon dans ce plan de secours.

A suivre.