La tendinite : le mal du coureur ?

« Au départ, je n’ai pas fait fait attention à la douleur. Ca tiraillait un peu sous le mollet mais ça restait supportable. Puis au fil du temps, la douleur a commencé à devenir de plus en plus présente. Au final, ça fait un an que je souffre d’une tendinite du tendon d’Achille dont je n’arrive … Continue reading La tendinite : le mal du coureur ?

30 septembre 2016
Nos conseils pour éviter la tendinite.

« Au départ, je n’ai pas fait fait attention à la douleur. Ca tiraillait un peu sous le mollet mais ça restait supportable. Puis au fil du temps, la douleur a commencé à devenir de plus en plus présente. Au final, ça fait un an que je souffre d’une tendinite du tendon d’Achille dont je n’arrive pas à me débarrasser », témoigne Philippe, un coureur pourtant aguerri.

En laissant traîner, Philippe a t-il commis l’erreur de ne pas se soigner à temps ? « Pas forcément, j’ai consulté assez tôt et pourtant rien n’y fait ».

Gilles Balleydier, kinésithérapeute spécialisé en traumatologie du sport, l’affirme : « les causes de la tendinite peuvent être multiples et certaines peuvent être compliquées à soigner. » Il existe cependant des moyens de prévenir et d’éviter la mésaventure de Philippe. Gilles Balleydier nous explique tout sur la tendinite.

1/ Qu’est ce que la tendinite ?

« La tendinite est une inflammation du tendon, les tendons étant des sortes de « cordes » qui constituent la terminaison ou l’origine du corps musculaire et permettent d’accrocher les os aux muscles. Les tendinites les plus fréquentes sont celles du coude (tennis elbow) chez les tennismen, du tendon d’Achille, du genou (tendinite sous-rotulienne et de la patte d’oie), de l’épaule et du poignet. »

© Fotolia

2/ Comment distinguer une tendinite ?

« À la palpation, on peut remarquer une inflammation du tendon d’insertion si le tendon est rigide. Si on sent un tendon congestionné, une fibrose avec parfois des nodules, le risque de tendinite n’est pas loin. Un  tendon trop large, trop épais conduit à une perte d’élasticité. Et plus il est congestionné, plus on risque la rupture. En fait, le tendon est nourri et oxygéné par la circulation du sang. Lorsqu’il est trop congestionné, trop enflammé, il n’est plus nourri et oxygéné normalement, l’acide lactique ne s’évacue plus normalement. Il devient de plus en plus épais, il étouffe et peut conduire à la rupture dans les cas les plus graves. »

3/ Comment reconnaître la douleur d’une tendinite ?

« La douleur est mécanique. On va la sentir en mouvement, à la contraction musculaire lors de l’effort. En cas de tendinite du coude au tennis (tennis elbow), la douleur va être tellement présente qu’on ne pourra plus porter sa raquette. La tendinite est due à la répétition anormale d’un mouvement. Quelqu’un qui court et qui ne fait jamais d’étirements risque plus souvent une tendinite car le muscle n’est plus oxygéné. On ne lui redonne pas son élasticité initial car on ne permet pas l’oxygénation normal des tissus. »

4/ Quelles sont les causes principales de la tendinite ?

Un mauvais équipement, en l’occurrence des chaussures inadaptées, peut être le premier facteur de tendinite. Un coureur novice qui voudrait s’affranchir d’une chaussure avec un bon amorti au profit d’une chaussure légère et peu amortissante augmente les risques de blessure. Pour un premier achat, je suggère d’aller dans les magasins de sport spécialisés et de se faire conseiller afin de se diriger vers le modèle le plus adéquat. Beaucoup de  débutants sont plus attirés par le look des chaussures qu’ils achètent que par leur caractéristiques techniques (amorti, drop, poids…). C’est souvent une erreur à ne pas commettre car le choix judicieux d’un modèle est souvent déterminant tant pour la performance que pour la santé du coureur.

Les changements soudains de foulée peuvent aussi occasionner des blessures. Un coureur ayant l’habitude de courir sur le talon et qui décide de privilégier l’avant-pied va solliciter beaucoup plus le muscle du mollet. Sans une adaptation et un entraînement progressif, le muscle risque de ne pas supporter ce changement de foulée. Ce qui entraîne généralement blessure et complications. De mauvaises semelles peuvent dans certains cas être aussi à l’origine d’un début de blessure.

Certains chercheurs ont également observé que la nutrition avait un rôle prépondérant dans les cause ou les préventions des blessures. Le corps déploie beaucoup moins d’inflammations musculo-tendineuse avec la suppression du gluten ou la diminution voire la suppression du lactose de vache par exemple. En effet, ces éléments conduisent à déclencher dans l’estomac des inflammations périphériques au niveau des tendons.

On sait que les problèmes dentaires (caries, couronnes mal soignées…) déclenchent aussi des problèmes inflammatoires. Les tendinites peuvent également être provoquées par des traitements médicamenteux (certains antibiotiques). Dans ce genre de cas extrême mais rare, la tendinite  peut mettre des années à disparaître.

5/ Comment la prévenir ?

« Je conseille souvent à des patients qui veulent débuter la course à pied d’aller consulter un podologue du sport pour déterminer le type de foulée. Il pourra s’il le faut s’équiper de semelles thermoformée. Le fait de connaître sa foulée permet aussi de choisir le bon modèle de chaussures. Il faut savoir également que lorsque cour, chaque foulée est équivalente à trois à quatre fois le poids du corps. Entre la vibration du sol et le poids du corps, la charge est énorme. A chaque appui sur le sol, un simple déséquilibre peut provoquer une tendinite.

D’où l’importante du choix de la chaussure et j’insiste sur ce point. D’un point de vue purement physiologique, il faut être capable de mesurer l’effort que l’on est capable de supporter et être prêt à ne pas en faire trop si l’on est pas bien préparé. Les tendinites sont fréquentes chez les personnes qui ne s’entraînent pas régulièrement ou qui décident soudain de s’y (re)mettre à un rythme soutenu sans préparation. Pour les coureurs plus confirmés, un sur-entraînement est aussi un facteur de blessure. Un athlète qui dépasse ses capacités, court de manière exagérée et soumet son corps à une trop forte contraction musculaire risque la tendinite. Autre conseil important, il convient de boire régulièrement avant, pendant et après l’effort et de s’échauffer correctement avant chaque sortie. Et n’oubliez pas de vous étirer doucement après la pratique pour oxygéner les muscles et libérer les tensions. »

6/ Comment la soigner ?

N’attendez pas que la douleur persiste. Dès les premiers symptômes alarmants (tendon qui tiraille, douleur à l’effort…), une visite chez un médecin du sport est indispensable pour diagnostiquer le type de blessure. Il peut vous proposer des traitements médicamenteux (anti-inflammatoires…) ou des décontractants musculaires en pommade. Si la tendinite est déjà bien installé, ce genre de traitement n’est pas efficace. Il déterminera ensuite la nécessité ou non de suivre des séances de kinésithérapie.

Le kiné procédera par massages transverses-profonds pour décongestionner le tendon – l’idée est de faire saigner le tendon pour libérer les fibroses et faire en sorte que la circulation du sang et donc l’oxygénation du muscle se fasse à nouveau normalement –  ce qui va permettre de cicatriser le tendon.

Les ultra-sons sont aussi utilisés pour calmer les inflammations et cicatriser la blessure. Le drainage enfin permet de nettoyer les tissus en relançant les échanges circulatoires veineux et lymphatiques. En cas de tendinite persistante, on peut parfois avoir recours aux ondes de choc, à la mésothérapie, voire à une infiltration. La dernière solution consiste à opérer mais ce cas reste extrêmement rare.

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