Comment prendre soin de ses pieds quand on court ?

Indispensable. Central. Essentiel. Le pied est nécessaire à tous les mouvements de locomotion. Sans lui, point de marche, et encore moins de course. Le pied est une mécanique complexe composée de près de 26 os et 22 articulations (si on compte la cheville), auxquels il faut ajouter muscles et tendons. « Le pied a un rôle d’amortissement, d’équilibre, de … Continue reading Comment prendre soin de ses pieds quand on court ?

28 mars 2015
Comment se débarrasser d'une aponévrosite plantaire !

Indispensable. Central. Essentiel. Le pied est nécessaire à tous les mouvements de locomotion. Sans lui, point de marche, et encore moins de course. Le pied est une mécanique complexe composée de près de 26 os et 22 articulations (si on compte la cheville), auxquels il faut ajouter muscles et tendons. « Le pied a un rôle d’amortissement, d’équilibre, de stabilité et de propulsion, ceci grâce à sa structure osseuse, ligamentaire et musculaire qui fonctionne de façon unie et coordonnée », explique ainsi Jean-Michel Samper, podologue du sport (www.podologiedusport.fr). Mais le pied subit aussi de grosses contraintes, notamment lorsque l’on court. Il doit amortir la chute, subir l’impact, répercuter l’énergie, supporter notre poids de corps… et surtout maintenir l’ensemble du corps et du squelette en équilibre.

Plus encore, le pied joue un rôle crucial dans de déroulement de votre course, de votre foulée, de vos performances. Quelles est votre posture, votre position de course, quelles sont vos faiblesses musculaires, quel type de pied avez-vous ? Tous ces éléments (et bien d’autres encore) créent une synergie plus ou moins positive ou négative. Et, au final, cela vous rend plus ou moins disposé aux problèmes de pied.

Problèmes récurrents

Tous les coureurs ne sont pas égaux en matière de pied. Certains sont très sensibles aux ampoules, d’autres souffrent régulièrement d’ongles incarnés alors qu’une partie des coureurs doit composer avec un hallux valgus (c’est cette proéminence que l’on appelle plus couramment « oignon »). Même si ces petits et gros bobos ne peuvent rivaliser avec les blessures au niveau de la douleur, ce sont de vrais empêcheurs de courir tranquilles ! Car la moindre gêne au niveau des pieds devient vite difficile à supporter en plein effort. « J’ai sans arrêt des ampoules, se désole ainsi Laura, coureuse de trail depuis peu. Ça peut faire sourire à côté des pros qui affichent des aponévrosites plantaires ou des tendinites, mais franchement cela me handicape ! »

Ne prenez jamais à la légère les problèmes de pieds même s’ils vous paraissent a priori anodins, car ils peuvent avoir des répercussions ennuyeuses. Un hallux valgus, par exemple, peut devenir inflammatoire et dégénérer en bursite. Par ailleurs, à moins d’avoir une résistance à la douleur élevée, une simple petite ampoule peut largement nuire à la pratique. Du moment que l’on ressent une gêne ou une douleur au niveau du pied, la foulée est modifiée. Soignez vos petits bobos correctement, optez pour le bon matériel (chaussettes, chaussures) et n’hésitez pas à consulter, même pour des gênes mineures. Du moment que votre entraînement est mis à mal, cela vaut toujours le coup d’agir.

Quand la blessure s’invite

Les causes des blessures au niveau des pieds sont nombreuses. Mauvais entraînement, surentraînement, chaussures inadaptées, surmenage kilométrique, terrain trop dur ou trop instable… Bref, il serait vain de vouloir toutes les recenser. Sans compter qu’à côté de ces facteurs favorisants externes (sur lesquels on peut toujours essayer d’intervenir), il en est un autre qui peut tout à fait causer lui-même des problèmes (et qu’il est beaucoup plus difficile de changer !) : c’est votre pied lui-même. Pronateur, supinateur, plat, creux… ? Chaque type de pied porte en lui une certaine propension à développer telle ou telle pathologie. « Un pied pronateur a plutôt une tendance amortissante. Un pied supinateur sera plutôt dans les pathologies en rapport avec les chocs d’impaction », explique ainsi Mickaël Bregmestre, podologue du sport.

Dans tous les cas, pour être posé, le diagnostic tiendra donc compte de l’origine de la douleur (talon, par exemple, en cas d’aponévrosite plantaire), mais aussi du profil particulier du coureur, de sa façon de s’entraîner, etc. Ce n’est qu’à l’issue d’un diagnostic complet (incluant des examens complémentaires, comme une IRM par exemple) que le traitement pourra être mis en place. Quelle que soit la blessure, elle engendrera la mise au repos. Les blessures du pied sont-elles courantes chez les coureurs ? Oh oui ! Fractures de fatigue au niveau des métatarsiens, aponévrosites plantaires, tendinites d’Achille font partie de celles que les spécialistes voient le plus.

Les chaussures en ligne de mire

Les chaussures sont souvent pointées du doigt en cas de problèmes de pied, à raison. Si elles ne sont pas adaptées au pied et à la nature du terrain, c’est le risque de blessure qui augmente. Entre trop d’amorti et pas assez, c’est toujours un peu la balance à trouver.

« L’amorti va à l’encontre de la stabilisation et donc de la performance sportive, mais trop de stabilité entraîne des chocs d’impact, forts nocifs pour les articulations. Un amortissement trop important peut provoquer une grande instabilité du pied, pouvant à moyen ou long terme causer entorses ou tendinopathies », explique encore notre podologue, Mickaël Bregmestre.

L’usure est aussi à prendre en compte. Tout dépend de votre niveau d’entraînement, du nombre de kilomètres parcourus par semaine et de la semelle, mais sachez qu’il faut prévoir une nouvelle paire tous les 500 à 1 000 kilomètres, au risque qu’elles ne remplissent plus leur fonction d’amorti. Attention, l’usure n’est pas forcément très apparente.

Quand consulter ?

Les problèmes de pied peuvent générer par répercussion des douleurs au niveau des genoux, des hanches, du dos… Il ne faut jamais les négliger. Pire, une douleur au niveau des lombaires peut avoir pour origine un problème de pied, alors même que l’on ne souffre pas au niveau des pieds. Il est donc impératif de consulter un professionnel à la moindre douleur, qu’elle survienne pendant l’entraînement ou après, qu’elle soit lancinante ou pas, qu’elle soit supportable ou non. Lui seul pourra trouver l’origine réelle du problème. Plus la prise en charge sera précoce, plus vous vous éviterez le risque d’une blessure chronique ou de complications, beaucoup plus complexes à endiguer. Dans tous les cas, l’arrêt de l’entraînement va de pair avec une récupération optimale. Il conviendra aussi de déterminer les causes du problème pour mettre en place un traitement efficace et éviter la récidive : modification de la chaussure, port de semelle, modification de l’entraînement…

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