3 astuces pour courir enceinte

Devenir maman signifie-t-il l’arrêt du sport ? Pas nécessairement. Voici nos conseils pour concilier grossesse et course à pied.

22 février 2017
Faut-il courir pendant la grossesse?

Il fut un temps (pas si lointain) où l’idée même de courir enceinte aurait fait hurler. Pourtant, dans la plupart des cas, le sport n’est pas contre-indiqué pendant la grossesse, mais il permet en outre de conserver forme et santé. « Continuer la course à pied est bénéfique chez les coureuses enceintes : diminution du stress, meilleur sommeil, limitation de la prise de poids, diminution du risque d’hypertension gravidique et de diabète gestationnel », explique ainsi David Popesco, médecin du sport.

POUR COURIR ENCEINTE, IL FAUT S’ÉCOUTER

La course à pied est ainsi possible pendant la grossesse (à condition de s’adapter et de suivre les éventuelles contre-indications du médecin)… Encore faut-il en avoir envie. Il est important à un moment où le corps et l’esprit vivent une petite révolution de suivre ses désirs et de rester à l’écoute de soi-même. Il ne faut donc pas sombrer dans l’effet inverse et se forcer à faire du sport à tout prix ! Vous n’êtes pas rassurée, vous vous sentez trop fatiguée, vous avez eu des soucis de santé ? N’insistez pas et suspendez simplement votre entraînement pendant les quelques mois qui viennent. Vous aurez tout le temps ensuite pour courir !

DIVERSIFIER VOTRE ENTRAÎNEMENT 

Même s’il n’existe pas de preuves scientifiques de l’augmentation de fausses couches ou de grossesse extra-utérine chez les coureuses, comme le rappelle le docteur Popesco, vous devez vous autoriser à arrêter si le cœur n’y est plus ou si l’idée de continuer vous stresse plus qu’autre chose. En revanche, rien ne vous empêche de pratiquer des activités plus douces ou portées pendant lesquelles vous ne subirez pas d’impact. Vous maintiendrez ainsi une certaine condition physique et la reprise sera moins difficile. Le domaine des possibles est large : natation, cardio en salle (vélo elliptique, stepper, rameur…), marche…

De la même façon, s’il peut être intéressant de continuer à courir pendant la grossesse quand on a déjà un certain niveau d’entraînement (sorties régulières au moins deux fois par semaine), la grossesse n’est pas le moment idéal pour débuter le running ! « Il ne faut pas commencer à courir en apprenant sa grossesse, la physiologie n’y est pas bénéfique. Mieux vaut préférer les sports portés, notamment la natation », explique ainsi le docteur Popesco.

PRENEZ EN COMPTE LES CHANGEMENTS DE VOTRE CORPS 

Courir quand on est enceinte ? La réponse est donc oui (dans la mesure où votre médecin vous y autorise). Mais attention, grossesse et course à pied ne font bon ménage que si vous adaptez votre entraînement à votre état. Votre corps se modifie, et pas seulement en apparence. Il est impératif de prendre en compte cette nouvelle donne, de tenir compte de la fatigue, des changements physiologiques, etc. Ce n’est donc pas le moment de tenter de décrocher un chrono !

OPTEZ POUR DES TENUES ADAPTÉES 

Parmi les changements physiques que vous devrez prendre en compte assez rapidement, il y a l’augmentation du volume mammaire. Même si cela vous paraît dommage d’investir dans un (ou plusieurs) nouveau soutien-gorge de sport pour seulement quelques mois, c’est une nécessité. Plus que jamais vos seins ont besoin d’un soutien de qualité, ce qui est impossible avec un soutien-gorge trop petit. De la même façon, misez sur le confort tout au long de la grossesse et évitez de vous sentir engoncée dans vos tenues.

PLANIFIER VOS SÉANCES 

Et côté entraînement stricto sensu ? Là encore, le maître-mot est « adaptation ». « Porter un cardiofréquencemètre permet de limiter les excès de vitesse et d’effort, potentiellement délétères pour le fœtus, continue le docteur Popesco. Dès le premier trimestre, préférez les allures lentes et évitez les séances soutenues, très demandeuses en oxygène (dont le fœtus a besoin pour son développement). Le second trimestre est en général bénéfique (plus de fatigue ou de nausées, notamment). Mais il faut tenir compte de tout signe suspect. » 

Au fil des mois et de la prise de poids, la proéminence du ventre peut ensuite contrarier les plans de course ! Sans parler de la modification du centre de gravité, qui rend la foulée plus aléatoire. « Le troisième trimestre est à l’appréciation de chacune, la fatigue revient et le poids peut rendre la course à pied plus difficile. Préférez quelques bonnes séances de natation. Il s’agit de ce fait d’une affaire de personne », conclut ainsi notre médecin.

APRÈS L’ACCOUCHEMENT, REPRENEZ DOUCEMENT 

Là, aucune dérogation n’est possible ! Le « traumatisme » de l’accouchement (par voie basse ou césarienne, même combat !) est tel que votre corps a très sérieusement besoin de faire une pause. Profitez des premières semaines avec votre bébé pour vous reposer et apprécier votre nouvelle vie de famille, vous pourrez (re)chausser les baskets d’ici quelques semaines, sans prendre de risque pour votre santé. Le bon timing ? Une fois que votre médecin vous accorde son feu vert… et surtout que vous en avez envie. N’ajoutez pas inutilement de la fatigue si vous avez déjà du mal à faire face aux nuits hachées. La reprise, comme toutes les reprises, doit se faire progressivement et en douceur.

BÉBÉ ET COURSE À PIED 

Si vous souhaitez concilier pleinement course à pied et bébé, vous pouvez vous entraîner avec votre tout-petit ! Comment ? En investissant dans une poussette de jogging et en profitant de chaque balade pour vous entraîner. Attention à choisir une poussette spécifique (les poussettes de jogging ont trois roues) et de qualité pour que l’amorti soit suffisant. Attendez que votre bébé puisse se tenir assis (ces modèles de poussette ne permettent généralement pas que le bébé soit allongé) et privilégiez les terrains stables. Si votre enfant pleure dès que vous le mettez dans la poussette, ce type d’entraînement maman-bébé n’est pas pour vous ! Et si vous êtes vraiment accroc, rien ne vous empêche de prendre le départ d’une course avec votre poussette, les organisateurs sont généralement assez tolérants !

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