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Le travail en excentrique : un atout pour les coureurs.

La préparation physique et la musculation sont des éléments indispensables du plan d’entrainement du coureur qui souhaite progresser. En développant correctement sa musculature le coureur va améliorer sa posture, sa foulée et son rendement. Cependant, chaque muscle a un mode de fonctionnement qui lui est propre au cours de la foulée et devra donc être travaillé en conséquence. Aujourd’hui nous vous disons tout sur le travail en excentrique et sur ses bienfaits dans la course à pied.

TRAVAIL EN EXCENTRIQUE VS TRAVAIL EN CONCENTRIQUE 

Un muscle peut travailler de deux manières principales : en concentrique et en excentrique. Le travail en concentrique est celui que nous connaissons tous. Le muscle ce contracte pour raccourcir son trajet et donc provoquer une flexion au niveau de l’articulation à laquelle il est rattaché. Pour exemple, si vous contractez votre biceps brachial (au niveau du bras) votre bras formera un angle droit.

Mais une autre forme de travail musculaire existe : le travail en excentrique. Dans ce cas de figure, le muscle ne sert pas à créer un mouvement de flexion mais à ralentir un mouvement d’extension. Prenons l’exemple précédent : votre bras est à 90° et un ami vous appuie sur l’avant-bras pour vous obliger à le détendre. Votre biceps brachial ne travaillera alors plus en concentrique mais en excentrique : il servira à ralentir le mouvement d’extension provoqué par la pression exercée par votre ami.

Au niveau de la foulée les muscles aussi subissent un travail en excentrique. C’est notamment le cas des ischio-jambiers, ces muscles situés à l’arrière de votre cuisse. Lorsque vous serez en phase d’extension de votre foulée, de fortes tensions viendront s’appliquer sur les muscles pouvant parfois amener à des dommages si le muscle n’est pas préparé.

LE TRAVAIL EN EXCENTRIQUE, POUR QUI ET POUR QUOI ? 

Entendons-nous bien, lors d’un footing les tensions à l’arrière de la cuisse sont minimes et vous avez peu de chance de vous blesser. Cependant, si vous accélérez et que votre foulée prend de l’amplitude, vos ischios subiront davantage de tensions lors de ce qu’on appelle, la phase d’ouverture (lorsque votre jambe se tend vers l’avant pour aller chercher l’impact au sol). Ces tensions peuvent alors conduire à l’élongation, la déchirure ou le claquage (ruptures plus ou moins importantes des fibres musculaires).

Pour illustrer tout cela, nous vous proposons de visualiser les sprinteurs de haut niveau que vous pouvez admirer à la télévision. Il est fréquent lors d’une course de voir un athlète s’arrêter subitement en plein milieu d’une course, les muscles de sa cuisse n’ont pas supporté les tensions imposées au cours de la course.

Outre pour la vitesse, le travail en excentrique est très important pour les traileurs. En effet, lors des descentes, les muscles postérieurs de la cuisse agissent comme des freins qui, à la longue, peuvent lâcher, conduisant au même résultat que ce qui est cité plus haut.

COMMENT RÉALISER UN TRAVAIL EN EXCENTRIQUE ? 

Pour préparer vos muscles à de telles tensions, des mouvements existent qui vont non seulement agir en précaution mais également vous apporter de réels bienfaits sur votre foulée.

  • Le travail en excentrique sur banc : c’est peut être le travail le plus compliqué à mettre en place car il nécessite l’aide d’un ami ou d’une machine particulière. En salle de musculation vous pouvez trouver ce genre de machines. Elles permettent, à l’aide de pistons à air comprimé, de vider la charge lors de la contraction et d’imposer une charge lors de l’extension. Il vous suffit alors de retenir le mouvement d’extension pour obtenir un travail en excentrique efficace. Si vous n’avez pas de machine à disposition. Allongez-vous sur un banc sur le ventre, remontez vos talons au dessus de vos fesses et demandez à un ami d’appliquer une tension régulière raisonnable afin de vous obligez à détendre vos jambes. Retenez le mouvement jusqu’à extension complète. Répétez le mouvement 10 fois sur 5 séries.
  • Les fentes avant : ce mouvement de musculation particulier va solliciter l’ensemble des muscles impliqués lors de la phase antérieure de votre foulée.
  • Les foulées bondissantes : cet exercice est parfait pour travailler correctement le renforcement musculaire pour une foulée performante. Il consiste en de simples bondissements d’une jambe à l’autre. Vous devrez vous appliquer à bien rester gainé sur chaque bondissement, à monter le genou antérieur à l’horizontale et à pousser correctement au niveau de la jambe postérieure. Pour éviter de vous écraser entre chaque foulée, vous devrez armer votre pied avant, c’est à dire le conserver relevé vers le haut et non pointé vers le bas. Cela vous permettra alors de mieux répondre à l’impact du sol et à repartir immédiatement vers la foulée suivante. Pour maitriser votre geste, vous devrez avoir le buste droit et les bras devront suivre un mouvement opposé aux jambes (jambes droite en avant = bras gauche en avant et vice-versa). Conservez les bras pliés à 90°, ce ne sont que les épaules qui bougent, cela vous permettra d’avoir un rendement idéal lors de votre mouvement.