Peut-on progresser en course grâce au vélo ?

Le vélo peut-il vous aider à progresser en course à pied ? Avec l’arrivée du printemps, nous vous donnons quelques conseils pour diversifier votre pratique.

28 février 2017

Le premier avantage du vélo est qu’il s’agit d’un sport porté, donc sans impact articulaire, contrairement à la course à pied. « En triathlon, on constate que les deux tiers des pathologies sont d’abord liées à la course à pied, explique le Dr Claude Marblé, médecin en charge de l’équipe de France de triathlon. Le vélo ou la natation sont des sports bien moins traumatisants pour les articulations, ils provoquent donc moins de blessures que la course à pied.» Le cyclisme est un sport d’endurance basé sur la longueur et l’intensité de l’effort, par conséquent il peut compléter de manière très intéressante une préparation en course à pied. 

« C’est d’ailleurs le principal intérêt du vélo pour un coureur, pouvoir effectuer un travail foncier sans subir de traumatismes. Et on réalise un travail cardio-vasculaire toujours intéressant dans un sport d’endurance tel que le vélo.» Si les séances sont correctement réalisées et s’articulent bien dans la préparation générale du coureur, celui-ci a tout à y gagner. Que vous prépariez votre premier triathlon ou tout simplement pour diversifier l’entraînement, vous pouvez espérer au final progresser et devenir un bien meilleur coureur.

D’abord trouver son vélo

Avant de rentrer vos premiers itinéraires dans le GPS, il faut d’abord trouver le bon vélo. Le vieux biclou prenant la poussière au fond du garage peut-il pour autant se transformer en machine de course ? Tout dépend de l’état de l’engin en question. Évidemment, vous ne transformerez pas le vélo à garde-boue de grand-père en machine de compétition ultralégère. Il faudra alors en acheter un nouveau. «La taille est aussi très importante, il faut que le vélo soit bien adapté au cycliste pour éviter les blessures liées à des positions non naturelles», conseille Cyrille Neveu, champion du monde 2002 de triathlon et vainqueur de nombreuses épreuves comme la redoutée course d’Embrun. « Il vaut mieux faire vérifier le vélo et le faire régler à sa taille par un professionnel. En outre, vous devrez participer aux différents réglages pour éviter tout risque de blessure à cause d’un matériel inadapté », insiste le docteur Marblé.

Travailler le coup de pédale

Les cyclistes débutants doivent connaître les règles de base : «C’est un sport beaucoup plus technique qu’il n’y paraît, analyse Cyrille Neveu, par ailleurs organisateur du triathlon de l’Alpe d’Huez. Beaucoup de coureurs pensent qu’ils seront efficaces sur un vélo car ils ont l’habitude de s’entraîner régulièrement, mais ce ne sont pas les mêmes muscles qui travaillent. » Par ailleurs, les cyclistes débutants font souvent les mêmes erreurs. La première erreur est de vouloir «trop écraser la pédale en produisant un gros effort pour pousser la pédale vers le bas, et tirer ensuite fortement la pédale en haut». Pour corriger cela, Cyril Neveu suggère d’essayer d’abord de pédaler avec une seule jambe sur un home trainer, pour s’entraîner à pédaler « rond », c’est-à-dire de manière symétrique et sans à-coups. « Beaucoup pédalent surtout avec la pointe des pieds, il faut plutôt essayer de pousser le pied avec le talon.»

La seconde erreur la plus courante est de chercher à pédaler « tout en force», car «au début on a tendance à prendre un trop gros braquet, alors que l’objectif est plutôt de travailler en vélocité et en souplesse, bref de faire mouliner les jambes, explique Frédéric Belaubre, trois fois champion d’Europe et cinq fois champion de France de triathlon. Il faut plutôt essayer de travailler en hyperfréquence et de maintenir une cadence d’au moins 80 à 100 tours/minute sur un parcours plat. Si vous ne parvenez pas à maintenir la bonne cadence, vous devrez alors réduire un peu le braquet ». Il est aussi très important de savoir prendre les côtes et de bien négocier les virages. Le conseil est d’intégrer un groupe de cyclistes plus expérimentés ou de partir rouler avec un ami plus aguerri. « S’entraîner en groupe, en paquet, c’est très bien pour rouler, on peut apprendre beaucoup au contact des autres cyclistes. Cela permet aussi de tenir un certain rythme », complète Fred Belaubre.

Vélo et course, les mêmes entraînements ?

Les habitués des termes techniques de la course à pied ne seront pas trop dépaysés par les séances de vélo. On parle de séances de récup, de séances longues, de séances au seuil, de côtes, sans oublié le fractionné. Que vous prépariez un premier triathlon ou que vous souhaitiez simplement travailler l’endurance, pour Fred Belaubre, « il est préférable de s’en tenir aux sorties faciles durant vos premiers tours de roue et durant un certain temps, pour que les muscles puissent s’adapter progressivement aux nouveaux efforts». Quand vous serez prêt, rien n’empêche, si vous le souhaitez et selon les objectifs de chacun, d’intégrer des séances plus soutenues dans la préparation. Pour un débutant, une séance de côtes doit comporter quatre côtes difficiles, de 2 minutes chacune, avec 3 minutes de récupération en moulinant entre chaque côte. « Pour préparer un triathlon, il faudra faire des séances de côtes ou de fractionné une fois par semaine, sans oublier les séances au seuil sur de plus gros braquets et sur des durées plus longues », conseille Fred, par exemple « un effort à intensité de course, durant 10 minutes ou plus, précédé d’un échauffement, avec un retour au calme pour terminer la séance». Un peu comme en course à pied.

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