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Il existe deux types de renforcement : d’un côté la préparation physique générale et de l’autre la préparation physique spécifique (PPS). Nous aborderons ici la PPG.

LES BIENFAITS DE LA PPG

La PPG est malheureusement souvent vécue par les coureurs comme un exercice contraignant. « Une majorité de runners souhaitent d’abord courir, pour eux la PPG reste un type d’entraînement extérieur à leur pratique, alors qu’au contraire elle devrait être un élément principal », explique Olivier Gaillard, coach sportif et marathonien. Les contraintes articulaires sont telles que tout ce qui peut agir en faveur du renforcement et d’une meilleure répartition des charges au moment de l’impact au sol est un plus. « La PPG joue sur deux aspects importants, elle permet d’abord de limiter les risques de blessures et elle favorise également une progression plus rapide et plus efficace, en course sur route comme en trail. »

ÉVITER LES BLESSURES 

L’objectif de la PPG est de renforcer de façon optimale tout l’appareil musculosquelettique, avec un intérêt évident : limiter (voire éviter) les blessures. En sachant que les problèmes musculaires, tendineux, voire osseux, demeurent la cause principale d’arrêt de la pratique. La PPG est efficace car elle permet de renforcer des zones moins sollicitées en course à pied mais qui jouent un rôle important dans le geste technique.

La PPG diminue donc mathématiquement les risques de blessures. D’où l’importance de bien travailler tous les groupes musculaires du bas du corps, mais aussi des épaules, des bras et du dos, sans oublier la sangle abdominale « qui reste primordiale pour assurer le gainage du coureur et un bon maintien ». Un entraînement bien construit en course à pied ne se limite jamais à seulement courir. Le renforcement musculaire, tout comme l’alimentation et la récupération, font également partie de la préparation.

PROGRESSER PLUS VITE

La PPG est appelée, à tort, « périphérique », car elle n’est pas considérée comme de la course à pied, une erreur qui en dit long. « Les apports de la PPG au niveau de l’entraînement sont largement sous-estimés », explique Olivier Gaillard. Un sentiment partagé par Samir Baala, plusieurs fois champion de France de marathon, aujourd’hui traileur de haut niveau. « Ne pas faire de PPG est une faute préjudiciable à toute préparation », que ce soit au niveau du gainage, du renforcement « mais aussi du développement de l’amplitude du mouvement ou de la résistance musculaire », explique notre expert Runner’s World, par ailleurs coach sportif. 

« Pour moi, la PPG est un entraînement à part entière qui fait partie de ma préparation, quel que soit l’objectif, du 10 kilomètres au trail long. » Il faut pouvoir accepter de limiter sa course pour réaliser d’autres types de séances, que ce soit pour la PPG comme pour les éducatifs spécifiques. « De toute façon, un jour ou l’autre le coureur va être rattrapé par la blessure ou par la stagnation », conclut Olivier Gaillard.

UN MEILLEUR GESTE TECHNIQUE 

Autre bénéfice appréciable, la PPG est fondamentale pour améliorer l’efficacité de la course. « Des exercices réguliers sont un vrai plus, car ils vont permettre au coureur de fond de repousser la fatigue musculaire, donc de maintenir une meilleure posture générale malgré les heures passées sur le bitume », analyse Olivier Gaillard. En compétition, au bout d’un certain temps d’effort, la dégradation de la foulée est inévitable.

« C’est encore plus vrai en trail, ajoute Samir Baala, qui est passé récemment de la route à la course nature. Il suffit d’ailleurs de regarder les coureurs à la fin d’un marathon, l’affaissement et les tics posturaux apparaissent et augmentent encore plus la fatigue musculaire. » Le marathonien entre alors dans un cercle vicieux, la mauvaise posture provoquée par la fatigue ne fait qu’encore augmenter la fatigue ressentie, et vice-versa.